Accueil d’un pèlerin

Cher ami pèlerin,

J’ai bien reçu votre courrier, aux bons soins de Madame F. de Beauvais.

J’ai beaucoup apprécié de recevoir « un pèlerin en chemin vers Compostelle » dans mon humble maison. C’était pour moi une étape supplémentaire sur mon chemin intérieur et un baume avant de partir faire, seul, mon ultime étape 2008 de ces 1500kms commencés, il y a bien longtemps en 2002 avec un groupe de Beauvais.

Si je peux me permettre quelques conseils pragmatiques collectés au cours de mon chemin terminé fin mai, (et qui sont dispensés notamment au Carmel de Moissac), en rapport avec vos difficultés rencontrées. Pour une base fiable afin de réaliser un chemin sans encombre il y a quatre règles essentielles :

·        Porter un sac qui ne dépasse pas le 1/10 de votre poids (c’est très difficile à respecter mais indispensable pour que le dos tienne jusqu’à l’arrivée. Votre sac de 18kgs étaient vraiment trop lourd.

·        Boire suffisamment et avant de commencer à marcher le matin et de surcroît par temps chaud. Boire ensuite fréquemment (ne pas attendre d’avoir soif). Les tendons sont en effet très sensibles au manque d’eau.

·        Ne jamais réaliser plus de deux jours consécutifs de 35kms ou plus. Au besoin prévoir des jours de repos à intervalle régulier.

·        Marcher pendant la montée de l’énergie de la terre entre le lever du soleil et le zénith (14h en été). Les heures de marches après la descente du soleil épuisent beaucoup plus.

Humblement, si je peux encore me permettre : Je vous recommande l’excellent livre du Dr Dransart « La Maladie cherche à me guérir » qui conduit sur le chemin de la compréhension de ses douleurs ou de ses maladies (maladie=ce qu’on a du mal à dire). J’ai moi-même eu une sévère « cruralgie » en 2006 (inflammation du nerf crurale, comme la sciatique L4/L5 mais une vertèbre au dessus (L3/L4). Après un traitement anti-douleur indispensable, j’ai étudié le livre du Dr Dransart et ai compris les raisons psychosomatiques qui avaient créé ce blocage paralysant (2mois1/2 avec des béquilles). En quelques semaines tout est rentré dans l’ordre et depuis tout va bien, alors que le corps médical envisageait de m’opérer et souder deux vertèbres, ce que j’ai refusé. J’ai fini le chemin cette année avec un sac, encore un peu lourd (12kgs). Chaque douleur est en effet l’expression de l’inconscient pour exprimer ce que le conscient ne peux ou ne veux pas voir ou entendre. Je ne m’étends pas d’avantage sur ce sujet, la lecture de ce livre est bien plus éloquente que ce que je pourrai en dire.

Étant à la retraite depuis juillet dernier, je repars pour Santiago en mai prochain pour un Camino en une seule étape. En effet, le chemin de Compostelle que je viens de terminer s’est passé en 7 années, compte tenu de mes impératifs de travail, et je souhaite refaire l’expérience d’une marche vers Santiago. Cette fois encore au départ du Puy, ou peut être au départ de ma maison si je le peux. C’est du moins mon projet, mais je dois, bien sûr, garder la dose d’humilité nécessaire pour écouter mon corps, et ne pas me croire plus fort que je ne le suis en réalité. (Même si 80% du Chemin commence par l’auto persuasion sur sa capacité à le réaliser, à se réaliser).

Je crois, comme vous le dites, que quand on a goûté à l’Esprit du Camino, « à sa richesse », on a envie de partir de nouveau et qu’à partir de ce moment la vie entière est changée. Le Camino est un véritable chemin initiatique qui nous renvoi par la suite à notre propre chemin intérieur…

Bon chemin

Cordialement



Retraite

Passage

Des clairons, l’heure de la retraite, sonnèrent,
Pensais-je : Toutes ces années, qu’un instant ne durèrent,
Quarante ans dépassés ! Ce qui me reste à faire,
Me prendra bien… cent ans ! Depuis déjà longtemps,
Comme chacun d’entre nous, je pensais que le temps
N’avançait que pour d’autres… Chez moi prenait son temps.
Mais mon identité, me prouvait le contraire.

Je vais donc me hâter, et apprendre encore plus,
Que ma tête oubliera ces quarante ans, ou plus.
Où l’essentiel reste, ce contact des âges.
Ma mémoire en tiendra vos souriants visages…

Qu’on soit d’ici ou là, partout où l’on s’élance,
On peut dire le temps nous laisse bien des chances.
Pour forger qui l’on est, à devenir Sage,
Il n’est point nécessaire, d’être comme une image !

Je m’en vais donc ailleurs et par des autres voies,
Rencontrer d’autres gens, bâtir des amitiés,
Et poursuivre ma route… Mais encore parfois,
Rassasier mon égo, à votre aimable proximité.

Gilles L.



Santiago atteint !

Mon Chemin… Suite…

Santiago…

Hé bien ! Ça y est… C’était pas si compliqué…
Pour les pieds, les jambes, la tête, les auberges à eau froide, les pèlerins ronfleurs, les marcheurs qui dépassent, vous laissent sans jambes, et que vous retrouvez plus loin… Ceux que vous dépassez et qui vous rattrappent ensuite… Ceux qui marchent seuls… Ceux qui marchent toujours en groupe… Les tortillas et le café con leché de la matinée… El
servesas de l’arrivée… Et puis nous au mileu de tout ça… Construisant notre bulle… Tantôt ouvert à toutes les éventualités du chemin… Tantôt rassuré par un visage retrouvé…
Il y avait beaucoup de différences entre chacun, mais tous allaient chercher quelque chose qu’ils ne savaient pas devoir découvrir… Et tous savaient bien qu’ils devaient y aller…
La bulle est solide… Elle s’est renforcée tout au long du chemin… Il va falloir en sortir… Inutile d’y rester… Elle n’était pas là pour ça… Le temps du retour elle va s’effriter doucement, comme une bulle de savon… Mais les regards sont changés… On parle autrement… On ne ressens plus les choses de la même façon… Tout est bien pareil et pourtant différent…
La fin du Camino est le début d’un tout autre chemin… Le sien… Intérieur… On l’échange un peu avec ses compagnons de route… Mais le plus intime reste encore un peu caché… On s’émeut, on s’étreint, car les mots n’existent pas encore… Il faut les réinventer… Les expliquer, les traduire pour les autres…
La porte ouverte à Santiago est entrouverte…
Qu’importe si la porte n’est pas grande ouverte, on y voit déjà le jour, il suffit de pousser encore un peu les lourds battants, pour pouvoir enfin se faufiler au-dedans… au-dedans de nous même… Faire le ménage…

Et puis on le referait bien encore ce chemin… Si dur, si doux, si froid, si chaud, si beau, si mal aisé, si facile, tout à tour…

Pourquoi donc ???

à suivre



Ultime périple

Chemin vers Saint Jacques de Compostelle
Du Puy en Velay à Santiago de Compostela – 1600Kms

Mon Chemin… Suite…

Cette année c’est le dernier périple, alors que le groupe continue son Camino en partant de Molinaseca, le mien repart d’Astorga où je suis arrivé en 2006, nous arriverons, ô hasard, presque ensemble (le 24 pour le groupe et le 23 pour moi-même), à Santiago pour prolonger ensuite jusqu’à Fistera. Nous nous retrouverons donc entre ces deux points.

J’arrive à Fistera le 26 mai 2008 au soir, jour de l’anniversaire de ma petite allemande Albertine, que j’avais rencontré à Moissac quatre années auparavant. Une bien belle date pour arriver…

Ce Camino achevé, je reviendrai en août, à Moissac pour faire de l’accueil, là même où j’avais été accueilli quelques années auparavant, puis de la réflexologie pour redonner tout le bien être que j’avais reçu, puis enfin un stage de perfectionnement dans ce domaine et d’apprentissage dans d’autres, afin de parfaire d’avantage ce que je peux modestement apporter pour tendre la main à ceux qui le demande.

Rendez-vous donc en juin pour un témoignage qui sera sûrement encore bien riche de rencontres…

Gilles



Stages à Moissac

10/03/2007 Je pars pour Moissac. Stage d’initiation à la réflexologie.
Je l’avais rêvé en marchant avec Albertine et septembre 2004. Et aujourd’hui (2007) ça se concrétise. Après des contacts de ci de là les choses avancent doucement. Il faut juste se mettre au diapason de la musique pour ne pas être en retard ou surtout ne pas aller plus vite qu’elle. Il faut laisser le temps arranger les choses trop complexes pour nos petit espaces de décision. Et là encore le « lâcher prise » est essentiel.

22/03/2007 Je suis rentré de Moissac. Ce fut un stage qui alla bien plus haut que mes projets.
J’ai appris de ce stage que mes intuitions profondes étaient fondées, depuis déjà fort longtemps (+ de 30 ans). Cette intuition et cette hyper-émotivité a aussi servi à déceler les émotions intérieures des autres participants à ce stage essentiel.
C’est ce sur quoi nous avons travaillé durant ces huit jours, avec bien d’autres disciplines évidemment. Tout ne peut pas être dit, ce serait trop long, mais les démarches sont les même pour tous, même si les résultats sont bien sûr personnel en fonction de la vie passé de chacun.
J’ai retrouvé hier soir une osmose de compréhension avec tout ce qu’avait vécu ma filel dans son propre parcours. J’ai aussi appris que toutes les émotions ressentis à travers l’autre sont autant d’informations précises, non pas sur l’autre, comme une réflexion au premier degré pourrait le laisser penser, mais sur soi-même par la résonnance de son propre vécu conscient ou inconscient.

Je dois dire que tous ces ressentis étaient ancrés en moi et toutes mes intuitions anciennes sont revenues précises et évidentes.
Aucune approche de la réflexo proprement dite, car toutes ces disciplines devaient auparavant être apprises, puis intégrées. Donc la vie continue avec encore plus de choses à découvrir… Merci la Vie…



Où allez-vous mes pieds ?

Où allez-vous mes pieds ?

Comme poissons furtifs, nous recherchons le nord,
Nous heurtant aux récifs, pour continuer plus fort.
De collines en vallons, nous allons visiter,
Tout ce qui semble bon à te faire avancer.

Pas à pas sur la route, poursuivrons le chemin,
Il n’y a pas de doute, voudrons aller plus loin.
En rencontres toujours, nous pourrons te trouver,
Et quand viendra le jour, tu pourras emmerger.

Il n’y a plus de fois, où baisseras les bras.
Il n’y a plus d’endroit , où ne te trouveras.

L’heure viendra de rentrer, enfin à la maison ;
Mais pas celle d’ici, celle que nous savons.

Alors mes pieds, c’est dit. Portez-moi où je dois,
Forgez ce que je suis, et non ce que je vois.
Pour que s’ouvre mes yeux, et que dise ma voix,
Que m’inspirent les cieux, aussi longtemps qu’il soit.

Gilles L.



Quête d’octobre

Chemin vers Saint Jacques de Compostelle
Du Puy en Velay à Santiago de Compostela – 1600Kms

L’Après Chemin

Cette longue semaine d’octobre m’a emmené, pour partie, sur le chemin que j’avais réalisé en 2004 en compagnie de Stéphanie et d’Albertine.

Je m’arrêtais au Carmel de Moissac, certain, que j’y avais quelque chose à redécouvrir…
Là, je franchis l’entrée des pèlerins, où j’étais entré, épuisé, il y a deux ans, le sac sur le dos et les pieds brûlants, puis accueilli avec une chaleur hospitalière qui m’avait beaucoup marqué…
Ne trouvant personne à l’intérieur en cette période avancée, et mon intuition me disant de rebrousser chemin, je réfléchissais à toute la route entreprise pour passer ici et je ne voulais pas partir sans au moins une rencontre à qui exprimer ce que je venais faire ici.
Après un moment, ne trouvant toujours personne, je décidais, malgré tout, de retourner vers l’entrée.
Là, comme à l’évidence, et comme je le sentais, je rencontrais ceux qui allaient me conduire vers la personne que je souhaitais revoir.
Je
rencontrais donc, Mickäel, le réflexologue, dont j’avais, deux ans auparavant, bénéficié des soins. Nous discutâmes longuement des qualités de cet endroit particulier et de toutes les ondes bénéfiques que l’on y ressent.
Je l’entretenais également de mon désir depuis mon passage ici et le chemin de cette année là, de mon intention de me former et de m’instruire dans cette discipline, afin de pouvoir, quand l’heure de la retraite aura sonné, la pratiquer sur le chemin 1 ou 2 mois l’année, voire plus. Je ne sais pas encore où, bien évidemment.

Il m’encouragea vivement dans cette voie, et je vis là, une pièce supplémentaire à mon puzzle qui se mettait en place.

Je repartais vers le sud-ouest en passant soigneusement par chacune des étapes de cette année là, et revivais avec beaucoup de bonheur tous ces instants vécus, qui m’appelaient à continuer sur cette voie éclairée.

Arrivé à Aire Sur l’Adour quelque 200kms plus bas, je rencontrais de nouveau notre ancien prêtre de Formerie, que j’avais également rencontré en 2004, puis 2005, en y passant avec les sacs à dos, puisque ce fut notre ville étape.
Beaucoup d’informations échangées, là aussi, m’engageaient plus avant sur cette nouvelle route.

Je remontais ensuite pour rentrer chez moi, par la Lozère. Je rencontrais là, avec beaucoup de plaisir Jean-Marie et Marie-Rose, qui m’accueillaient avec une joie partagée. Je passais la journée avec Jean-Marie à la chasse au sanglier. Une activité inconnue pour moi, qui me permit surtout de ramener des ceps cueillis dans ces grandes forêts de l’Aubrac à l’ombre des sapins, où ils prolifèrent. Puis rentrant au bercail par des prés, nous ramassâmes de superbes coulemelles, dégustées le soir même, retournés dans des oeufs et recouverts de chapelure, cuisinées par Marie-Rose un fin cordon. Un délice.

Le jour suivant, repassant par la Bourgogne, je n’envisageais pas de passer sans avoir au moins essayé de rencontrer Chantal, une animatrice de Psychophonie, près d’Autun, avec laquelle j’avais, quelques années auparavant, découvert cette discipline en compagnie de Stéphanie. Une expérience très intéressante, qui me sert bien sûr encore aujourd’hui. Je comptais arriver en fin de journée dans ce tout petit village de Bourgogne, perdu dans les collines, où un GPS est bien utile pour venir à bout des tours et contours. Je fis chemin au filling, me fiant à mon instinct, un peu à ma mémoire. Le GPS m’évitant de grossières erreurs. Arrivé vers 16h je remarquais de nombreuses voitures au domicile de Chantal. Il y avait donc un stage en cours. Je décidais donc de quérir un gîte pour la nuit et de revenir ensuite à la fin de la journée de stage. Je refis donc de mémoire, le chemin fait deux ans auparavant lors d’un stage à cet endroit, car j’ignorais le nom du village. Je trouvais enfin le gîte de Jean-Pierre où je passerai la nuit. Celui-ci me reconnu et nous parlâmes de Chantal qu’il ne voyait plus guère (il y a 17 kms entre les deux lieux et les stagiaires préfère regagner Autun). Je repris le chemin de Montromble et arrivais chez Chantal, croisant les voitures qui quittaient son domicile. Celle-ci fut enchantée de me voir.
Là encore une autre pièce du puzzle m’encourageait à avancer coûte que coûte.
Chantal me prêta un livre sur le massage métamorphique. Domaine qui dépasse encore dans la prise en compte globale de l’individu, le massage réflexologique, et qui colle, plus encore, à mes aspirations et à mes capacités.
Nous sommes allés dîner ensemble à Autun, puis après avoir déposé Chantal chez elle, je bénéficiais d’une nuit bien calme au gîte de Jean-Pierre. Je rentrais vers la maison, car ma destination suivante, pour intéressante qu’elle fut coupé par ce moment présent où j’écris, je suis immobilisé par une cruralgie fort douloureuse qui m’oblige à faire un arrêt sur image, afin d’approfondir ma réflexion, avant de terminer les 18 mois de travail actuelle qui me restent et de prendre cette nouvelle route.

Sans que j’en évoque le détail, de nombreuses informations croisées entre tous ces amis rencontrés m’ont permit d’avancer et de forger un avenir plus certain, en même temps que ceux-ci devaient à l’évidence y trouver aussi quelques matières à réflexion.

Mon périple d’octobre devait passer en dernier lieu par les Ardennes où je devais rencontrer une amie rencontrée sur le chemin de Compostelle en 2005. Mais cette rencontre était remise. Par contre les informations échangées par téléphone, me permirent de l’informer que ma dernière rencontre pouvait l’aider à trouver les informations qu’elle cherchait elle-même pour une activité dans sa région (ateliers de chant avec des retardés mentaux). Le monde est si petit.

à suivre…



Avant: Des idées vous traversent l’esprit…

Avant de partir…
Bien se préparer…
C’est plus dans la tête…

Mais le matériel a son importance : En 1er vos chaussures, choissisez les avec soin et entraînez-vous avec. Ensuite votre sac à dos (le compagnon le plus intime pour 1600kms), vêtements faciles à sécher (le coton n’est pas forcément l’idéal), le bâton (un vrai bourdon de 2 mètres si vous avez des bras comme popey, sinon un ou deux bâtons de randonnée en aluminium), appareil photo (ou carnet pour croquis, si vous en avez le don). un mobile (pas indispensable, surtout si l’on est parti pour se couper du monde).

Vos meilleurs amis pour ce chemin : Vos pieds… Prenez-en grand soin… (Lisez les conseils prodigués sur beaucoup de sites)
Votre pire ennemi : Vous même et votre peur de manquer, qui vous fera charger votre sac à dos de multiples inutilités, mais qu’il faudra porter tout le long du chemin… (En 2005, je suis parti avec 16kgs, j’en ai renvoyé 4 par la poste au bout de trois jours… Cette année 2006, malgré l’expérience, j’avais au moins 3kgs de vêtements ou matériel superflus… Pour la prochaine fois c’est juré je limite à 10kgs eau et nourriture comprise…)

Partez avec le coeur ouvert comme un enfant qui découvre le monde, et chaque jour un peu plus, laissez de coté vos préoccupations, laissez tomber vos à priori, vos certitudes, vos peurs du lendemain, de l’inconnu…

N’oubliez pas de noter vos réflexions chaque jour… Plus tard vous serez heureux de retrouver ces notes et les sentiments liés aux situations qui les ont suscités vous reviendont en même temps que le souvenir de ces moments importants.

Des “idées reçues”, des “on dit”, des “on m’a dit que…” des “il paraîtrait que, mais je suis pas vraiment sûr”…

Q : Et les chaussures… Et les vêtements… et pour la pluie… Et le soleil… Ah ! Oui. et les ampoules… Et les insectes, les moustiques…
R : Et bien regardez les liens du site il y a des centaines de sites qui en parlent bien mieux que je ne le ferai. (faites une recherche sur google ou autre)

Quelques sites en vrac sur une recherche…
Liste non exhaustive évidemment :
http://www.chantelavie.com/compostelle/100jours.htm
http://www.chemindecompostelle.com/Itineraires/Itineraires.html
http://www.levieuxcrayon.com/PartirCompostelle/PartirCompostelleIndex.html
http://www.amis-st-jacques.org/pages/histoire.html
http://saintjacquesdecompostelle.hautetfort.com/pelerinage/

un peu d’humour…

Q : Il y a des serpents sur le chemin ?
R : Comme ailleurs, je n’ai sans doute pas eu de chance, je n’en ai jamais aperçu (et je le regrette), juste une malheureuse couleuvre apeurée par notre passage…

Q : il y a encore des loups sur le chemin !!!
R : no comment.

Q : Et des ours !!!
R : Et puis quoi encore… Des baleines ? Des crocodiles…

Gilles L.
A suivre…



Lettre à Elodie

Juillet 2006, lettre à Elodie, jeune maman sur le Camino, qui souhaitait connaître l’expérience d’autres pèlerins rencontrés.

Elodie,

Je te livre brut mes sentiments sur le Camino, et ce que j’ai pu en apprendre, même si cette année n’est pas la seule en cause dans ce cheminement, puisque c’était ma 5è année de cheminement. Tous différents, tous riches différemment.

L’idée du Camino n’était pas mienne, mais quand ma fille (sage-femme comme toi) me le proposa, je sentis comme bien trop ‘gigantesque’ cette entreprise, mais en même temps je la ressentais comme une épreuve nécessaire pour avancer. (mon épouse décédée en 1995, j’avais toutes les peines du monde à entrevoir un avenir serein. Un peu comme si les autres continuaient leur vie et que j’étais sur le bord de la route en sursis). Je n’avais pas d’attente particulière en entreprenant le Camino, et pourtant j’allais en tirer année après année, une joie de vivre et de poursuivre la route le plus loin possible. Aujourd’hui, j’ai 20 ans de projet devant moi et beaucoup de projets que j’avais rangés dans l’oubli et qui sont également prêts à resurgir si le temps me le permet…

De la marche en groupe à 16 en 2002, puis à 10 en 2003, j’avais appris, ou réappris, le partage en groupe bien sûr, tantôt porter tantôt se laisser porter, mais aussi à rester un peu en retrait des autres membres, essayant de ne pas obligatoirement me sentir concerné ou impliqué dans chaque action ou discution. J’imaginais aussi ce que chacun dans ce groupe pouvait tirer de cette expérience ce que ces relations croisées pouvaient leur apporter. Sans doute différent pour chacun, suivant son expérience et ses attentes.

De la marche avec ma fille Stéphanie en 2004, et la rencontre avec une jeune allemande, un peu égarée loin de son pays, et cherchant peut être à se raccrocher, j’en ai tiré l’expérience d’une amitié tellement forte, qui allait devenir une véritable Love story entre un ‘père’ et sa ‘fille’ (adoptive évidemment). Si forte, d’ailleurs, qu’elle et son petit-ami sont en route en ce moment même où je t’écris, à vélo depuis l’extrémité de l’Allemagne pour le seul plaisir de venir me voir ! J’ai eu l’occasion de rencontrer sa maman à Chemnitz alors que j’étais invité là-bas autour de Noël 2004, et elle me fit part de ce que sa fille avait apprit du chemin, mais plus particulièrement de ce que notre rencontre l’avait murie. Pas tellement de ce que j’avais pu lui dire, car à l’époque ce qui me restait de l’anglais scolaire était bien loin, mais plutôt de son sentiment global de cette rencontre (nous avions cheminé 8 jours tous les trois). Et là d’un seul coup l’on se sent utile aux autres, et la vie reprend du sens. Et l’amour que l’on donne et que l’on reçoit dans le même temps, bien que l’on en comprenne pas toujours tout le sens, ne reste jamais sans effet. Une bien belle expérience et une belle caresse dans ma vie : Imaginer qu’elle et son petit-ami veuillent faire tout ce chemin pour le seul plaisir de se promener, soit. Mais accepter avec humilité que c’est pour moi qu’il le font, c’est une expérience bien plus difficile a accepter. Il est plus facile de donner que d’accepter avec humilité.
Comme quoi les choses évoluent toujours et ne sont jamais fixées. Et aussi le fait de dire les choses et d’échanger avec d’autres, fait avancer bien plus que d’y réfléchir seul.

Puis en 2005, marchant de nouveau avec Stéphanie, d’autres rencontres plus nombreuses ont réitéré à des niveaux différents ces nécessités d’aller vers les autres avec le cour ouvert afin de les rencontrer réellement (et là je pense à
l’haptonomie que l’on exprimait ensemble sur le chemin). Et pour moi, nouveaux amis, nouveaux voyages. J’ai revu des pèlerins 2005 cet automne et ils viennent me voir en 2007.

Cette année 2006, partant seul, j’ai découvert, après le stress du départ isolé, et par obligation, le désir, mais aussi la nécessité ‘d’oser’ faire le premier pas. Pour aborder un autre pèlerin, ou un habitant. Ce n’était pas extraordinaire en soi, mais mon expérience de vie avait toujours souffert de cette timidité naturelle ou de cette peur du ‘je ne sais quoi’ : Cette espèce de peur que ‘l’autre’ puisse bien penser sur nous quelques choses qui ne nous plairait pas. Miroir, peut être, de ce qu’on l’on penserait nous-même sur ceux-là si les faits étaient inversés… Plein de rencontres, plein de voyages à faire. Beaucoup de bonheur en fait.

Je rajouterai un peu du plaisir de découvrir un peu de ce que les autres découvrent eux-même en prenant un peu de temps à observer. Et voir tous ces jeunes 18/25 ans qui cheminent est une espérance en l’avenir. Si je devais résumer mes cinq années de morceaux de Camino, je dirai que l’expérience globale que je tire du Camino, et sans conteste, que chaque rencontre a une utilité. Que je crois que chaque rencontre est écrite dans le “grand livre” de la vie. Qu’il nous est nécessaire voire indispensable pour avancer d’oser les rencontres proposées, parce que l’on a toujours quelque chose à donner et/ou à recevoir. Qu’ils nous faut faire l’effort de se garder de l’a priori sur ce que tel événement peut apporter ou non (cf : l’Aubergue San Bol). Et aller en avant en se frayant un chemin au feeling.

Élodie, j’espère ne pas avoir été trop bavard, et que ces quelques réflexions
toutes personnelles pourront t’être de quelque utilité.

Amical souvenir du Camino.



Pampelune-Leoñ

Chemin vers Saint Jacques de Compostelle
Du Puy en Velay à Santiago de Compostela – 1600Kms

Mon Chemin… Suite…

Et voilà… C’est bientôt le jour et l’heure du départ…

420 Kms entre Pampelune et Leon… Un petit pincement au coeur… Abandonner quelques temps la maison, la famille, les amis… Partir avec pour seuls compagnons, un sac à dos et ses pieds… Se retrouver, seul avec soi… Face à son courage, sa lâcheté, sa force, sa faiblesse… Seul mirroir de soi-même… Pas de mensonge possible… Tout devient vrai et d’une réalité qui dépasse, oh! combien, toutes ces petites choses de la vie, qui nous encombrent tant…

Dans un mois, jour pour jour, ce sera l’arrivée à Leon… Un mois durant lequel le temps se sera arrêté et où il se prêtera tout à coup à l’accélération fulgurante des trains modernes. Celle-là même qui me fera arriver bien avant que mes pensées n’aient quittés l’Espagne… Retrouvant là une masse de travail en retard, que cet oubli du temps aura tôt fait de me rappeler…

A suivre… (fin Mai)